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J’ai emprunté le slogan de la radio de Radio-Canada car je le trouvais fort et subtil à la fois.

En effet, la langue française nous permet à l’occasion cette liberté d’utiliser un verbe dans un autre esprit que celui d’origine.

Or, dans ma pratique de recruteur exécutif, trop souvent, il m’est arrivé de rencontrer des candidats qui écoutaient la question avec attention, mais qui répondaient totalement à autre chose. Or, qui plus est, ces mêmes personnes ne « décodent » pas le non-verbal de l’interlocuteur et étirent la réponse pendant 4 ou encore 5 minutes. C’est assez long quand on veut valider une compétence et qu’on sait notre candidat fait fausse route. Lorsqu’on est seul avec le candidat en entrevue exploratoire, ça va et on limite les dommages, mais lorsqu’on est en comité de sélection avec le client, le candidat fait le nœud pour se pendre lui-même sans même s’en rendre compte.

Selon Malcolm Gladwell, auteur de plusieurs best-sellers sur le développement personnel, les gens se font une idée de la personne en quelques secondes. Or, c’est le travail du recruteur de faire en sorte de bâtir des ponts entre les compétences du candidat et les compétences recherchées afin de pouvoir mesurer et comparer quelques candidats entre eux.

Si, lors d’une entrevue avec un comité de sélection, sachant que vous avez 45 minutes pour briller, et que vous en prenez 20 pour parler d’un sujet qu’on ne veut pas entendre, soyez assuré que l’autre candidat ne fera pas la même erreur.

Dans le même ordre d’idées, lorsqu’un recruteur rencontre un candidat pour un mandat donné, dans les bonnes pratiques, une conversation téléphonique a eu lieu au préalable où les deux ont échangé un minimum d’informations.

Le candidat devra alors comprendre qu’il a 30 ou encore 45 minutes pour rassurer le recruteur qu’il possède tous les éléments requis pour le poste. Or, si le candidat prend 30 minutes pour parler de sa plus récente expérience qui a tourné au vinaigre car son supérieur était de mauvaise foi, il reste peu de temps pour valider autre chose. Ce faisant, le message envoyé au recruteur est que le candidat ne peut synthétiser l’information et encore pire, a de l’amertume envers son dernier poste.

Dans ma pratique, j’entends plusieurs candidats me dire qu’ils ont souvent fini deuxième. Il n’y a aucune honte à cela; malheureusement, il n’y a souvent qu’un seul poste. En cette période olympique, le parallèle est facile à faire puisqu’Alex Harvey a raté sa qualification par 26 centièmes de secondes.

Les détails font souvent la différence, cependant, trop peut être comme pas assez. Soyez à l’écoute et faites-vous complice avec le recruteur. Toutefois, soyez réceptif au message.

Michael Lavoie

Associé

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